De l’idolâtrie à la réalité ou comment cesser d’adorer les idoles de notre personnalité pour poursuivre les idéaux de notre moi véritable. Deuxième partie –  Par Dr Jerry Wagner

De l’idolâtrie à la réalité ou comment cesser d’adorer les idoles de notre personnalité pour poursuivre les idéaux de notre moi véritable. Deuxième partie – Par Dr Jerry Wagner

goldencalfLes Un cherchent à être au mieux. Ils tiennent à réaliser tous leurs potentiels, à devenir ce qu’ils sont et à aider les autres à faire de même. Ils ont une passion pour l’excellence et désirent bien faire. Leur but est d’améliorer le monde. Quand on leur demande ce qu’ils désirent plus que tout,  ils disent qu’ils veulent être acceptés tels qu’ils sont et qu‘ils aspirent à se sentir bien dans leur peau.

Ils sont sensibles aux critiques, craignent d’être rejetés et traités injustement et ont peur de commettre des erreurs. L’idole « Perfection » promet de les protéger de ces inconvénients. Si tu es parfait, tu es en sécurité et personne ne pourra te critiquer, pas vrai ?

Les Un sont tenus d’offrir à leur idole « On fait le maximum » leurs bonnes actions, leurs efforts surhumains, leurs « il faut », « on doit » et autres « on est obligés », les critiques tant celles qu’ils se font que celles qu’ils adressent aux autres ainsi que leur colère et leur ressentiment. Leur idole (et leur ego) prospèrent en croulant sous toutes ces offrandes.

Les Un sacrifient : plaisir, joie et spontanéité à leur idole. Ainsi cessent-ils d’être insouciants et détendus au point d’être incapables de participer à la vie normalement puisqu’ils doivent tout contrôler. Ils renoncent à leurs désirs et à leurs besoins pour accomplir leur devoir et acceptent d’avoir des défauts puisque dans le monde de leur idole tout est noir ou blanc. En d’autres termes, comme tous les autres types, ils doivent perdre leur enfant intérieur ou leur moi véritable – modeste prix à payer pour se sentir en sécurité après tout !

Les Deux se veulent affectueux. Ils aiment aider, se soucient des autres et sont particulièrement heureux lorsqu’on fait appel à eux. Ils sont encourageants, font preuve de considération et expriment leur reconnaissance. Ils désirent faire régner l’amour dans le monde. Les Deux veulent se sentir connectés, appréciés et aimés.

Ils redoutent l’isolement et n’apprécient pas d’être rejetés, séparés, coupés des autres, inutiles et mal-aimés. Leur Idole « Co dépendance » leur promet qu’ils n’auront jamais à vivre de telles situations. D’ailleurs, qui voudrait se séparer de quelqu’un qui sait se rendre indispensable ? Si tu m’aimes, tu ne me feras pas de mal et je serai en sécurité.

Les Deux offrent à leur idole « Comment puis-je aider » toutes les personnes qu’ils ont secourues, leurs sacrifices, leurs ajustements, leurs métamorphoses et leurs innombrables compliments et flatteries. Ceux-ci rendant leur idole (et leur ego) fiers et dignes d’estime.

Ils sacrifient à leur idole : leurs besoins, leurs priorités et leur moi. Mais comme personne ne tient leur moi en grande estime, ce n’est pas une grande perte. Ils n’ont pas la permission de recevoir et ne peuvent en aucun cas accepter les bonnes grâces puisque cela ne rentre pas dans la description de leur fonction de bon samaritain. Incapables de demander ce qu’ils veulent, les Deux en sont réduits à séduire pour l’obtenir.

Les Trois sont efficaces et productifs. Ils apprécient que les choses avancent, que les projets se réalisent et ils tiennent leurs engagements. Ils aiment être motivés et motiver les autres. Ils veulent rendre le monde plus efficace. Les Trois avouent qu’ils cherchent à se faire accepter et reconnaître, pour cela ils sont capables de placer « le faire » avant « l’être ».

Ils redoutent de ne pas réussir, d’être des losers. Ils craignent d’être rejetés, de ne pas être considérés, admirés, remarqués, ils détestent être inactifs et se sentir inutiles, ils ont peur de n’avoir aucune valeur. Leur idole  « Bourreau de travail et succès garanti » leur promet qu’en moins de temps qu’il ne faut pour le dire ils triompheront et éviteront ainsi les affres de l’échec. Si vous avez le bon look, travaillez intelligemment et investissez tout le temps nécessaire, comment pourriez-vous échouer ? Si en plus vous vous arrangez pour que les autres soient à leur avantage, pourquoi voudraient-ils vous licencier ? Si je réussis et si on m’admire, je suis en sécurité.

Les Trois ont besoin d’apporter à leur idole « Regardez comme je m’en sort bien ! » l’intégralité de leur travail, les récompenses, les succès, les clubs auxquels ils appartiennent, les colonnes des journaux qui leur sont consacrées, leurs réalisations, leurs réseaux, leurs connections et les affaires conclues. Ces trophées entretiennent les compulsions de leur Idole et de leur ego.

Les Trois sacrifient à leur idole : leurs priorités, leurs espoirs, leur famille, leurs relations intimes et leur vie intérieure. Mais qui a du temps pour ça ? Ils doivent prévoir des périodes de repos, loin des performances et du désir d’impressionner, accepter d’être aimés pour ce qu’ils sont, pas pour ce qu’ils font et accepter d’être tout simplement.

Les Quatre se veulent originaux, authentiques et créatifs. Ils aspirent à vivre intensément, à exprimer leurs dons artistiques, à trouver leur moi profond et leur raison d’être. Ils s’efforcent d’encourager les autres à faire la même chose. Ils désirent rendre le monde plus beau. Les Quatre admettent qu’ils veulent être connectés aux autres et à eux-mêmes. Ils désirent plus que tout faire partie d’un tout et sont attachés à leur épanouissement personnel.

Les Quatre ont peur de l’abandon, d’être écartés, ignorés, rejetés, de passer inaperçus, ils redoutent l’ennui, qu’on critique leur style et qu’on étouffe leur créativité. Leur Idole « Elitisme » leur promet en retour qu’ils n’auront pas à connaître ces affres s’ils suivent ses inspirations. Ils seront alors tellement exceptionnels, que même si certains avaient la mauvaise idée de les laisser tomber, ils auraient sur ces créatures inexpérimentées un tel impact qu’elles ne les oublieraient pas de si tôt. Je suis en sécurité puisque je suis original et que je souffre.

Les Quatre apportent sur l’autel de leur idole « Souffrance » leur goût exquis, leur contribution unique, leurs créations et tenues excentriques, les drames, les incompréhensions, les douleurs et leurs tragiques déficiences. Ainsi les Quatre et leur idole peuvent être singuliers et originaux.

Les Quatre sacrifient à leur idole : leur bonheur futur, le statut d’être humain ordinaire, leur équanimité et leur calme. Mais qui voudrait être Monsieur Tout le Monde  ? Bien qu’ils le désirent plus que tout, ils doivent abandonner l’idée d’être connectés aux autres car ils courraient alors le risque d’être percés à jour et de perdre leur mystère. Ils renoncent à ce qu’ils veulent car ils seraient alors privés de l’envie et du désir qui les font se sentir à la fois vivants et différents.

Les Cinq ont l’ardant désir de comprendre. Ils se veulent sages et perspicaces, ils recherchent la vérité. Ils aiment apprendre et accéder à une vision globale. Ils veulent un monde plus éclairé et plus intelligible. Ils accordent une valeur toute particulière à l’intimité. Les Cinq voudraient rester fidèles à eux-mêmes quand ils sont avec les autres. Ils aimeraient avoir des relations qui ne les privent pas de leur liberté et une vie privée qui leur permette de sauvegarder leur territoire. Ils sont en quête de connaissance et de compétence.

Les Cinq ont peur d’être envahis, contrôlés. Ils redoutent l’épuisement, les privations et craignent d’avoir à faire face à des requêtes usantes. Ils n’aiment ni les évaluations, ni les médisances. Ils ne tiennent pas à être visibles, exposés ou ridicules. Ils détestent se sentir dépendants ou inadéquats. Leur idole « Intellectualisme » leur promet l’omniscience, l’invisibilité et l’inaccessibilité (ce qui les met également hors de portée, mais l’idole passe ce dernier point sous silence ). Vous ne pouvez pas être critiqué pour ce que vous n’avez pas dit et personne ne peut vous atteindre si vous êtes invisible. Je suis en sécurité si je passe inaperçu et si je possède la connaissance.

Les Cinq doivent offrir à leur idole « Erudition » idées, livres, articles, sites internet visités, ils doivent également donner tout ce qu’ils ont amassé ainsi que leurs évitements, leurs écrans de fumée et leurs abstractions. Tout cela les mettra ainsi que leur idole en sécurité dans le grenier du royaume des pensées.

Les Cinq sacrifient à leur idole : leurs relations proches, les émotions et les sensations, la possibilité de se faire connaître. Ils doivent renoncer à s’engager et à prendre part à la vie. Ils refusent de rentrer dans le jeu et garantissent leur sécurité en restant sur la ligne de touche. Ils subordonnent le cœur et le corps à leur tête. Il est bien connu que la vraie vie est celle des idées et que le reste est, de toute façon, sans importance.

Les Six font leur devoir. Ils se veulent loyaux et engagés. Ils recherchent la sécurité et désirent rendre le monde plus sûr. Ils sont consciencieux et responsables, ils prennent la loi et l’ordre très au sérieux. Les Six disent rechercher la sécurité, ils ont le sens de l’appartenance. Ils désirent être écoutés et rallier les autres à leurs causes.

Les Six ont peur de tout et n’importe quoi mais ils sont particulièrement sensibles à la trahison qu’elle vienne d’eux ou des autres. Ils n’aiment pas les mensonges. Ils privilégient la cohérence et, pour cette raison, redoutent d’être pris au dépourvu. Ils craignent d’être blessés physiquement ou émotionnellement. Ils redoutent l’exclusion, ont peur de ne pas être entendus, d’être injustement traités et qu’ils aient à faire face à des responsabilités avant d’y avoir été suffisamment préparés. Ils n’aiment pas être piégés. Leur Idole « Peur » leur assure qu’ainsi ils seront à l’abri de tous les dangers. Si je fais ce que je dois et que j’ai l’autorité de mon côté, je suis en sécurité (Six phobique). Si je me méfie de l’autorité, agis abruptement et ai une stratégie de repli, je suis en sécurité (Six contrephobique).

Les Six offrent à leur idole « Epouvante » leurs peurs, parce qu’elles les protègent – malheureux mais en sécurité. La peur leur permet d’être prêts. Ils ont donc besoin de se prémunir en empilant les soupçons, les doutes et les pensées paranoïaques. Tout cela garde leur appréhension en éveil et leur vigilance intacte alors que l’ennemi rôde.

Pour être en sécurité les Six sacrifient leur autorité, leur boussole interne et abandonnent leurs idées et leurs croyances. Cela n’étant, de toute façon, qu’une source de tracas, il vaut mieux douter et tout abandonner pour s’en remettre à l’autorité de leur idole. Pour être en sécurité les Six renoncent à se faire confiance, à faire confiance aux autres, à l’insouciance et au bien-être car ils pourraient être pris de court.

Les Sept ont le goût de l’aventure. Ils veulent explorer un maximum de possibilités, jouir de la vie et rendre le monde passionnant et merveilleux. Amicaux, sociables et optimistes ils ont des idées et des projets intéressants. Ils admettent rechercher le bonheur, la liberté, les choix et (croyez le ou non !) ils désirent s’engager.

Ils ont peur d’être limités, coincés, immobilisés, paralysés, malades et insignifiants. Ils détestent se sentir piégés et redoutent autant de s’ennuyer que d’ennuyer. Ils ne sont pas particulièrement attirés par la souffrance considérant que rien de bon ne peut en sortir. Ils aiment qu’on les encourage et détestent la déprime. Leur idole « Hédonisme » s’assure qu’aucun de ces rabat-joie ne viendra compliquer la vie des Sept. Garde la tête dans les étoiles et recherche ce qui brille. Si je vais bien, je suis en sécurité.

Les Sept doivent apporter à leur Idole « Optimisme » : des projets et des options fantasques, les bons moments, la variété, les épices, l’excitation, les desserts, les crèmes, les chocolats… les aventures exotiques, les projets abandonnés pour d’autres plus séduisants. Tout ce qui nourrit leur addiction et celle de leur idole « Plaisir ».

Les Sept sacrifient à leur idole : la tranquillité et la paix intérieure, l’aptitude à rester tranquille plus de deux minutes, la solitude, la satisfaction présente au détriment des satisfactions futures et de tout épanouissement véritable. Ô combien les réalisations futures paraissent ternes comparées aux délices présents ! Ils abandonnent parfois un foyer et des relations intimes afin de poursuivre leur voyage. Ils passent ainsi à côté de la richesse de leur ombre. Cela dit, ce n’est pas une grande perte, surtout pour ceux qui ont peur du noir.

Les Huit se veulent autonomes et indépendants. Ils aspirent à vivre comme ils l’entendent. Ils souhaitent se servir de leur pouvoir pour émanciper ceux qui en sont dépourvus. Ils désirent rendre le monde plus juste. Les Huit disent vouloir autonomie, équité, respect et approbation. Au fond ils cherchent à survivre et à contrôler.

Les Huit ont peur d’être ignorés et traités de façon inéquitable. Ils détestent l’injustice et le manque d’honnêteté. Ils craignent d’être faibles, impuissants, limités, dépendants, subordonnés, incapables et ils ont peur que le contrôle leur file entre les doigts. Leur idole « Pouvoir » affirme que s’ils suivent ses préceptes ils seront invulnérables et invincibles. Si je t’intimide, tu ne me feras aucun mal.

Les Huit doivent apporter à leur Idole «  Centrale d’énergie » leurs triomphes sur l’ennemi, les outrages, les affronts, la colère, leur puissance de feu, leurs explosions, les injustices. Cette cuirasse de colère leur donne de la force et alimente leur feu intérieur. Leur idole et leur ego prospèrent en se nourrissant de ressentiment et de vengeance.

Les Huit sacrifient au nom de leur invulnérabilité : l’intimité, même si celle-ci risque de s’inviter subrepticement à la façon d’un cheval de Troie. Ils renoncent à leur enfant intérieur et à leur innocence, refusent la peur et tout sentiment de vulnérabilité. Ils iront jusqu’à nier les défauts de leur cuirasse si nécessaire et seront alors incapables de tendresse, de compassion voire de pardon. Ils ne tolèreront pas le moindre abandon, la moindre vulnérabilité et n’accepteront pas davantage la plus petite faiblesse de leur part ou de la part de leurs semblables.

Les Neuf accordent de l’importance à l’harmonie et à la paix. Ils veulent rendre le monde plus harmonieux et plus accueillant. Dotés d’une certaine nonchalance, ils laissent les autres et les événements se déployer comme ils l’entendent. Les Neuf désirent être aimés, pris en compte, remarqués. Ils aspirent à vivre dans un monde inclusif dans lequel ils peuvent fusionner.

Les Neuf ont peur d’être ignorés, de passer inaperçus, ils craignent qu’on ne s’occupe pas d’eux et redoutent de se retrouver seuls. Ils n’aiment ni les contrariétés ni les conflits, pas plus que les confrontations et les dissonances. Ils appréhendent de se sentir honteux, écrasés et sans défense. Ils veulent éviter qu’on les accuse de blesser sous le coup de la colère. Leur idole « Confort » les emmène en terre promise là où la satisfaction s’épanouit et où rien ne peut les troubler. Si je plane, je suis en sécurité.

Les Neuf doivent offrir à leur Idole « Indolence attitude» tout le confort qu’ils ont réussi à installer autour d’eux – nourriture et boissons consolantes, télévision, marijuana. Ils doivent lui apporter les conflits évités, les groupes et les clubs de sport dans lesquels ils se sont inscrits, mais qu’ils n’ont jamais fréquentés ainsi que les tâches répétitives. Tout ce qui est susceptible de garder leur idole et eux-mêmes dans un état psychiquement mort.

Les Neuf sacrifient à leur idole : leurs opinions, leurs priorités, leurs pensées, leurs sentiments et les occasions de s’affirmer. Ils laissent aussi tomber l’espoir de mener quelque chose à bien pour l’amour de la procrastination. Ils doivent également se passer de la satisfaction qu’inspire toute tâche menée à terme et abandonner l’espoir qu’ils comptent un jour pour autre chose que du beurre. Ils est bon aussi qu’ils revoient à la baisse leur sentiment d’être vivant, il ne leur sera sans doute pas non plus permis de saisir l’occasion de s’affirmer en acceptant les confrontations. Toutes ces préférences et agitations personnelles pourraient rompre l’harmonie de l’univers, mieux vaut donc les passer sous silence.

 

Claudine Prune, consultant, coach and trainer for all kind of organizations for more than twenty years. Contact info : c.prune@wanadoo.fr

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