Lettre de la Présidente

Lettre de la Présidente

Je suis rentrée du Portugal en début de semaine. J’y ai assisté à l’édition 2014 de conférence Européenne de l’Ennéagramme. Avant de parler de la conférence, je dois partager combien j’ai apprécié de Lisbonne; c’est une ville douce et dynamique, qui vous donne envie d’y rester pour toujours.

La conférence a été un grand succès, réunissant des gens de 26 pays à travers le monde. Comme cela arrive souvent dans ces conférences régionales de l’IEA, l’ambiance était sympathique et l’esprit de la communauté a prospéré, la plupart des enseignants ont participé aux sessions d’autres enseignants dans un esprit d’apprentissage ouvert, et tout s’est déroulé à la perfection grâce à l’accueil et au travail fantastique de l’équipe de l’IEA Portugal.

Le discours de clôture d’Uranio Paes a été largement discuté et il a soulevé des commentaires pertinents sur les défis que la communauté de l’Ennéagramme doit relever aujourd’hui. On peut être d’accord ou pas avec son point de vue, mais mon souhait (et aussi celui d’Uranio) , c’est que ces idées vont déclencher des discussions fructueuses et nous aideront à aller de l’avant en tant que communauté.

Uranio a parlé de l’idée que certains membres du conseil d’administration de l’IEA ont débattus à un moment donné dans le passé : la tenue d’un symposium où des leaders d’opinion de la communauté pourraient discuter à propos de la théorie de l’Ennéagramme et parvenir à un consensus sur les concepts fondamentaux. Aujourd’hui, le conseil d’administration de l’IEA pense que ce n’est ni le rôle de l’IEA, ni ce dont la communauté a besoin. L’Ennéagramme des personnalités est un jeune corpus de connaissances qui doit encore grandir et mûrir. Mais pour ce faire, nous devons être en mesure de discuter de façon productive ; de partager des idées efficacement, de remettre en cause nos propres idées comme celles des autres, dans le respect et l’ouverture d’esprit.

Ma préoccupation, cependant, est que nous ne savons pas toujours comment nous y prendre pour avoir de telles discussions; nous tombons dans différents pièges qui font que certaines conversations deviennent stériles. Une autre conséquence est que beaucoup de gens ne veulent pas s’engager dans des débats sur les concepts de l’Ennéagramme, puisque le ton et la tournure de ces discussions ne sont pas très motivants.

Que pouvons-nous faire alors ? Je crois que nous devrions apprendre à avoir de meilleures discussions sur la théorie de l’Ennéagramme, et voici quelques idées sur la façon de commencer. Ce n’est pas une liste complète, mais peut être un bon début.

1 . Si vous cmptez partager une idée, partagez-la.

• Soyez clair sur la nature de l’idée; est-ce juste une pensée qui est venue sur la base d’une observation ? Est-elle fondée sur de nombreuses observations faites dans le temps par des personnes autres que vous-même ? Est-ce de la spéculation basée sur votre connaissance préalable d’autres choses ? Il est important de préciser ces choses au début , afin que la discussion puisse se situer au niveau approprié.

• Fournir une preuve de votre idée; des détails sur vos observations, la documentation utilisée pour créer l’idée , etc Si vous ne pouvez pas l’expliquer , ne la partagez pas ! J’ai vu des cas où les gens disent : ” bien sûr que vous ne comprenez pas , vous ne connaissez pas mon modèle » ou « je ne peux pas vous l’expliquer … ” Eh bien , peut-être que ces conversations ne peuvent pas avoir lieu ici et maintenant, et doivent attendre. Mais ne vous attendez pas à ce que les gens aient une foi aveugle dans vos idées si vous n’êtes pas en mesure ou désireux de les articuler plus clairement.

2 . Si vous voulez échanger des idées, discutez des idées, pas les personnes .

• Souvent, on fait abstraction de l’idée parce que la personne qui la soutient qu’il n’est pas compétente (à nos yeux), ou parce que la personne est d’un certain type Ennéagramme ! C’est une utilisation abusive de l’Ennéagramme.

• Souvent, nous considérons une idée comme vrai pour la raison contraire, parce qu’il s’agit d’une idée émise par une autorité dans le domaine. Dès lors, si quelqu’un ose remettre en cause ces idées / ces personnes, on considère facilement qu’ils doivent être en recherche d’attention ou qu’ils ont un objectif secret. La chose intéressante est que j’ai été témoin de la façon dont ces autorités ont su changer leur état d’esprit sur ​​les choses, pour aboutir à la création d’une théorie plus riche et plus robuste. Ce sont généralement certains de leurs élèves qui ne sont pas prêts à remettre en question les vieilles idées.

3 . Si vous voulez typer les autres , comprenez que c’est votre point de vue personnel et spéculatif , pas la vérité

• Beaucoup a été dit au sujet du typage des célébrités et des personnalités publiques, mais je tiens à renforcer quelques points ici . Bien qu’il s’agisse d’un exercice utile, qui nous aide à verbaliser nos idées et à les comparer avec celles des autres en regardant (et si possible en apprenant au passage) un sujet commun, cela reste seulement un exercice. Nous ne pouvons pas prétendre connaître le type de quelqu’un d’autre, car nous n’avons pas accès à l’ensemble de leur vie (leurs vécus et expériences internes et externes).

• Lorsque nous travaillons avec d’autres, avoir une hypothèse sur leur type est très utile, mais il ne faut pas les forcer à adopter notre point de vue comme devant devenir leur vérité. J’ai vu beaucoup trop de gens qui disent “mon professeur m’a dit que je suis un type x “. Ca n’est tout simplement d’aucune utilité pour ces élèves, et celà pourrait même les conduire à prendre de mauvaises décisions sur leur vie si l’évaluation est erronée. Les principes éthiques de l’IEA stipulent : “l’ennéagramme a des effets profonds sur les gens. Il est plus efficace quand nous permettons aux autres de découvrir leur type, plutôt que de supposer que nous les connaissons mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes.”

• Lors de l’interaction avec d’autres professionnels de l’Ennéagramme ou avec des amateurs, ne jamais leur dire qu’ils ont leur mauvais type – que ce soit lors d’une conversation ou simplement quand nous nous sentons le besoin de leur dire ce que nous pensons être leur type (oui , ça arrive … ). cela peut sonner très agressif et arrogant à l’oreille de l’interlocuteur, même si votre intention est noble. Ce que nous pourrions faire est de partager ce que nous voyons dans leur comportement qui ressemble à un autre type ; et être prêt à écouter leur point de vue en retour. Même dans ce cas nous devrions faire preuve de prudence et  demander la permission de l’autre personne pour partager nos pensées .

Les principes directeurs de ces interactions doivent être le respect et l’ouverture d’esprit.

Mais la façon dont chacun fait preuve de respect peut varier. Est-ce juste une question de permettre à chacun de dire ce qu’ils veut sans remettre en cause ses idées ? Ou est-ce vraiment juste un autre nom employé pour désigner l’indifférence ?

Je voudrais inviter la communauté à faire preuve de respect : prêtons attention aux idées des autres, demandons leurs plus d’explications de fond, débattons sur les tenants et les aboutissants, donnons notre avis en nous appuyant sur la base d’arguments solides (et non pas seulement sur notre intime conviction).

Jusqu’à quel point devrions-nous avoir l’esprit ouvert ? Il devrait l’être assez pour remettre en question nos idées et en intégrer de nouvelles quand il y a suffisamment de preuves pour justifier de le faire.

J’espère que cela vous donne quelques éléments de réflexion. Mon objectif est que nous soyons plus nombreux à nous engager dans des échanges qui amènent la communauté à un nouveau niveau pour que  l’Ennéagramme puisse continuer à croître et à maturer.

Cordialement,

Maria Jose Munita

Présidente du Conseil d’administration de l’IEA

 

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